Archive for avril, 2011

Du Trône de Fer à A Game Of Thrones (en passant par Camelot)

samedi, avril 30th, 2011

Le Trône de Fer, ah, le Trône deFer… Il y a certaines séries comme ça face auxquelles on se senttout petit, tellement petit que l’on ne sait comment se lancer dansle sujet.

Commencer directement par la série TVou introduire les livres en premier ? Allons-y pour les livres.

Affiche promotionelle Winter Is ComingLe Trône de Fer (A Song Of Ice An Fireen english) est une claque littéraire, un petit chef d’œuvre defantasy ; bref, une saga telle que l’on voudrait en lire plussouvent. Écrite par George R.R.Martin, l’histoire se passe dans unmonde sombre, brutal et sans pitié… en un mot, réaliste. Inspiréde grands canons de la fantasy, Martin développe toutefois ununivers atypique loin des clichés du genre : la magie y ait presqueabsente, la "violence" du monde omniprésente et il n’y apas de héros. Non, pas de héros, nous suivons successivementplusieurs personnages aux intérêts bien souvent opposés et nousattachons à eux pour ce qu’ils sont : des humains ; humains avecleurs propres valeurs, humains avec une certaine ambition, maissurtout humains qui tentent de survivre, humains qui tentent de s’ensortir avec ce qu’ils ont dans un monde sans plus de pitié qu’auxmoments sombres du Moyen-Âge européen.

Et l’alchimie prend, bigrement bienmême. Dans ce monde ou les saisons peuvent durer une décennie, surce continent de Westeros et dans ce royaume des Sept Couronnes, nous suivons la folied’hommes avides de pouvoir et la détresse de ceux poussés par ledevoir. Dans ce royaume des Sept Couronnes nous suivons la cruellelute pour le trône de fer et comme le dit la phrase maintenantcélèbre : "Lorsqu’on s’amuse au jeu des trônes, il fautvaincre ou périr". Et dés lors, les grandes maisons du royaumes’affrontent sans pitiés pour sauver leurs intérêts.

Soyons francs, la série bénéficied’un succès fou… et de nombreux produits dérivés tels qu’unjeu de rôle, un jeu de cartes ou encore un jeu de plateau ; etdepuis près de trois semaines maintenant, une série TV.

L’annonce ayant été faite l’andernier, nous ne nierons pas qu’elle a été prise avec joie, certes,mais une joie teinté d’appréhension ; car de tels livres se devaientd’avoir une bonne adaptation. Bon point cependant, bien quel’adaptation soit au format série TV – qui a tout de suite moins deprestige qu’une adaptation sur grand écran – elle est produite parl’auteur lui même ce qui assure une certaine fidélité aux romans ;et un épisode de la saison se trouve même être scénarisé parlui. Et c’est donc au gré d’annonces, d’images et de vidéosdistillées par HBO, que Westeros c’est construit visuellement. Untournage en Irlande (non, pas en Nouvelle Zélande, mais c’est toutaussi beau), des décors sobres mais de très bonne facture et desacteurs européens (tournage en Europe oblige, et ça change desaméricains aseptisés, sur-maquillés et chirurgicalement modifiés), à noter la présence de Sean Bean, toujours aussi bon acteur etque l’on aurait préféré voir un peu plus depuis son rôle deBoromir ; bref, un univers envoûtant et bien que peu d’acteurs nesoient célèbres, ils collent parfaitement bien avec l’image quel’on pouvait se faire d’eux dans les livres (bien que certains soientun peu âgés).

A Game Of Thrones (tel est le nom de lasérie) paru donc le 17 avril dernier sur HBO (aux États-Unis donc)et un jour plus tard en Grande-Bretagne sur Sky Atlantics (ce quej’ai regardé) ; et le premier mot qui vient au vue des images est« Wahoo » ; car oui, c’est bien filmé, très bien mêmequand on compare à d’autres séries TV, les décors, sont comme ditplus haut, sobres, plutôt réalistes (on est dans la fantasy tout demême) et envoûtants ; et mieux encore, c’est bien adapté. Certes,de nombreux détails manquent, certains messages visuels présents dans le roman ne sontpas évoqués et les personnages ont un peu moins de profondeur quedans les livres ; mais il s’agit aussi de faire une série d’unedizaine d’heures accessible au grand public. Globalement, donc, lasérie est plutôt réussie, gardant le ton assez noir du roman touten y incorporant une touche d’humour ; que dis-je, la série est mêmeà même de réconcilier avec la télévision, car oui, c’est unpetit bijoux aux acteurs convaincants qui ne dénaturent pas le récitet donnent même envie de lire les livres (si ce n’était déjàfait). Et le second épisode ne fait que confirmer les espérances dupremier (en mieux même).

Certains points viennent cependantcontraster cet élogieux tableau : la profusion des personnages et la"complexité du récit" peuvent rebouter les nouveaux venus,et la chaîne HBO a d’ailleurs mit un guide en ligne pour tout expliqueren détails. De plus, il s’agit d’une série TV, et de ce faitcertains plans restent inhérents au petit écran – gros plan sur lesvisages lors des dialogues par exemple. Vient ensuite le dernierpoint, le livre n’est bien entendu pas tout public, et de ce fait, lasérie non plus ; mais comme HBO nous l’avait déjà montréavec Rome, l’explicité des rapports sexuels dans les séries ne leurfont pas peur, et là encore certaines scènes auraient sansproblèmes pu être suggérées, cela n’aurait rien enlevé au récit.Oh non, je ne suis pas puritain pour un sous, mais on dirait que çasert plus à attirer le public "geek sexuellement refoulé"qu’a apporter de la profondeur à l’histoire.

Et si l’objectif était de faire del’audimat, il semblerait que ça ait plutôt bien marché. La sériene bat certes pas de records d’audience (sauf en Grande Bretagne)mais dispose tout de même d’une marge respectable detéléspectateurs, suffisante d’ailleurs pour qu’une seconde saisonvoit le jour et dont la production débutera en Juillet prochain (letout est de savoir si leur budget sera dans la même lignée quecelui de la première).

Quant à l’auteur – qui est dans le top 100 des personnes les plus influentes de l’année selon le Times Magazine -, il a indiqué d’unefaçon assez originale il y a quelques jours qu’il avait fini larédaction du cinquième volume de sa saga (et un petit lien vers Fantasy.freuh) .

Et terminons ce billet sur A Game OfThrones en vous donnant l’adresse d’un blog (en anglais) qui combleratoutes vos attentes en termes de détails de l’adaptation du romanvers la série ; car disons le, c’est tout de même très bienrédigé.

Tant que nous y sommes, voici un petitlien vers le site de la communauté francophone du Trône de Fer(avec un wiki très détaillé), le blog français dédié àl’adaptation télévisée et le site (en anglais) de G.R.R. Martin.Notez aussi que la série sera diffusée en France – en VF sûrement (beark) – surOrange Cinéma Series d’ici la fin du monde (et sûrement avant).

 

Terminer ce billet comme ça auraitétait du meilleur effet, cependant Avril a vu naître une autresérie de fantasy , et nous nous devions d’en parler (un tout petitpeu – et c’est surtout pour se défouler). Hé oui, nous parlons deCamelot avec entre autre Eva Green (son seul avantage). Mais vu laqualité de la série, nous ne dépasserons pas la longueur d’unparagraphe.

Eva Green joue presque à merveille etle personnage de Morgane lui va bien, les paysages en plans largessont magnifiques et le générique est tout de même bien fait (celuide A Game Of Thrones est génial aussi – et change en fonction desépisodes !! )… et c’est tout ! Le scénario est mal ficelé, lamajorité des acteurs ne sont pas crédibles, ou alors le sont autantque les décors et costumes (c’est à dire pas du tout) ; mais le pire réside surtout dans lefait que le personnage d’Arthur devient très rapidement antipathique(dommage pour le héros). Cette critique paraît certes un peugratuite, mais il n’y a vraiment que peu à dire : il y a de bonnesidées, oui, mais noyées dans mes sévices d’une mauvaiseréalisation et d’un casting pathétique (fit des chevaliers virils,ceux là ont un physique à la Disney, les cheveux courts, et sontbien rasés ; bien que le pire soit le personnage d’Igerne au visagefraîchement refait par le chirurgien du coin). Bref, une série aseptisée qui ne parvient pasà accrocher l’attention et qui perd tout ce qu’elle pourrait avoirquant on la compare à celle d’HBO dont on parle juste au dessus(certes, ils ont un un budget plus conséquent, mais la longueur descheveux ne dépend pas du budget et A Game Of Thrones met en scènedes hommes, des vrais : barbus, chevelus et musclés ! )

Bref, nous vous conseillons vivementl’adaptation télévisée de la saga de Martin… Et ses livres tantque nous y sommes.

Sur ce, au revoir, et à bientôt avecune interview de John "Pen Of Chaos" Lang vieille d’unan.

 

Ce billet a été écrit en écoutantPhilharmonics d’Agnes Obél, ce qui, certes, ne vous apporte rien, maisdont nous vous en conseillons l’écoute.

 

 

 

Entrevue avec Brent Weeks

vendredi, avril 22nd, 2011

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  C’était il y a maintenant plus d’unan, au salon du livre 2010 le stand Bragelonne attirait les foules etun nombre incalculable de fan de bit-lit attendaient patiemment unesignature de Laurell K. Hamilton. Et alors que les vendeuses étaientdébordées, alors que la queue faisait le tour du stand, un étageplus haut, Brent Weeks donnait une interview, et cette interview, lavoici.

  Le stress se faisait, soyons honnête,un peu sentir ; et même si le court moment où il me dédicaçâtses trois livres parus en France – tout en rigolant avecRichard Morgan – laissait présager une très bonne interview,j’appréhendais quelques peu ce tête-à-tête. Et c’est donc autourd’une petite table dans le coin "privé" du stand, encompagnie de Leslie Palant (attachée de presse chez Bragelonne quel’on remercie encore pour l’interview) et du sieur Weeks que toutcommença. L’atmosphère était, ma fois, assez décontractée, etl’homme étant fort sympathique, nous avons du supprimer nombred’indications [rires] pour le confort visuel de cetteretranscription. De plus, certains passages peuvent vous révélerdes éléments de l’histoire, ils ont donc pour la présente, étéécrit en blanc et les surligner à l’aide du pointeur de votresouris vous permettra de les faire apparaître.

  Au programme, donc, des questionsinintéressantes pour connaître un peu mieux le personnage, desquestions sur ses influences, sa façon d’écrire et son récit engénéral et pour finir des questions vis-à-vis des couverturesfrançaises et des infos sur son prochain livre. Sans oublier, bienévidement, des questions bonus sur la France…
 

 

À Fleur de Fantasy : Si vous étiez une fleur, quelle fleur seriez-vous ?

Brent Weeks : [rires] Si j’étais une fleur ?!

Leslie Palant : Oh oh, ça c’est une question.

Brent Weeks : [rires] Alors là…

Leslie Palant : Sûrement une fleur rouge…

Brent Weeks: D’un rose très pale

Leslie Palant : Une rose peut être ?

Brent Weeks : Sûrement une tulipe, je pense.


À Fleur de Fantasy : Une couleur ?

Brent Weeks : Rouge, définitivement ! Définitivement rouge !

À Fleur de Fantasy : Une saison ?

Brent Weeks : L’automne


À Fleur de Fantasy : Un animal ?

Brent Weeks : Un ours.

Leslie Palant : Un grizzly ?

Brent Weeks : [rires] Un grizzly, un très gros et effrayant grizzly.


À Fleur de Fantasy : Un mot?

Brent Weeks : Oh mon dieu, c’est la plus originale interview que j’ai jamais donnée ! [rires puis hésitation] Antédiluvien.

Leslie Palant : Si vieux ?

Brent Weeks : [rires] Non, enfin je veux dire oui… Tu sais ce que ça veux dire?

Leslie Palant : Oui

Brent Weeks : Oh, je suis déçu…


À Fleur de Fantasy : Un film ?

Brent Weeks : Reservoire Dogs, un peu lent mais vachement glauque.


À Fleur de Fantasy : Un livre ?

Brent Weeks : [rires] Diantre, j’ai déjà répondu à cette question par trois ouvrages !


À Fleur de Fantasy : Un personnage de film ou de roman ?

Brent Weeks : Je pense… Heu, j’aimerais bien être Wolverine.


À Fleur de Fantasy : Pourquoi écrivez-vous ?

Brent Weeks: Je pense que j’écris parce que je ne peux rien faire d’autre, non pas que je ne suis pas capable de faire quelque chose d’autre mais je n’aime rien d’autre. Je peux faire d’autre choses mais une petite part de moi mourrait si je n’écrivais pas.


À Fleur de Fantasy : Quels sont vos écrivains préférés ?

Brent Weeks : J’aime – bien sûr – Tolkien, j’admire beaucoup Orson Scott Card – j’aime peu de ses livres, mais j’admire beaucoup sa technique – , Robert Jordan… Et j’apprécie aussi beaucoup certains des nouveaux auteurs tel que Pat Rothfuss, Joe Abercrombie, Scott Lynch…


À Fleur de Fantasy : Pourquoi avez-vous choisis la Fantasy ?

Brent Weeks : Parce que j’ai décidé d’écrire ce que j’aime. J’ai déjà écris dans d’autres genres dans le passé… mais j’aime la Fantasy, donc j’écris de la Fantasy.


À Fleur de Fantasy : Et pensez-vous écrire autre chose un jour ?

Brent Weeks : Je vais certainement le faire, j’ai des idées d’autres livre qui ne sont pas de la Fantasy, mais je n’ai pas encore tous les éléments pour les écrire convenablement. Donc peut être un jour… Mais principalement de la Fantasy tout de même.


À Fleur de Fantasy : Que pense votre famille de vos livres ?

Brent Weeks : La plupart des membres de ma famille aiment vraiment mes livres, ma mère est un peu anxieuse à leur sujet, mais je savais que ça arriverait. Ma belle famille est aussi un peu tendue par moment vis-à-vis de mon ouvrage, mais ils l’apprécient une grande majorité du temps. [rires]


À Fleur de Fantasy : Comment l’idée de la trilogie de l’Ange de la nuit est-elle venue a vous ?

Brent Weeks : Je pense que… En fait je ne "sentais" pas les livres d’assassins quand je les lisais, et j’adore les histoires d’assassins. Je trouvais qu’aucune d’entre elles n’avaient de personnages réalistes en tant qu’assassins, de personnages humains. Il n’y avait que des assassins qui tuaient des gens sans être affectés, ça n’avait pas d’impact sur leur âme. Et je ne pensais pas que se soit vrai dans le vie.

J’adore l’action, la violence, la peur, et je pensais que je pouvais aller quelque part où je n’avais jamais vu aucun auteur aller avec leurs personnages d’assassins. Donc oui, je pense que tout a commencé comme ça…


À Fleur de Fantasy : Comment écrivez vous, suivez-vous un plan ou laissez-vous l’histoire filer?

Brent Weeks : Heu, je fais un genre de mixe : la plupart des auteurs ont déjà un plan ou alors sont très organiques et laissent couler le récit. Je me voit plus comme un jardinier je suppose : je sais ce que je vais planter et où ça va aller ; mais ça grandit en même temps que j’écris. Donc je planifie un minimum, et de temps en temps une idée vient à moi et je me dit qu’elle est meilleure que l’idée originale et donc je vais avec celle là… et puis je fait marche arrière et fixe le tout et c’est fait.


À Fleur de Fantasy : Vos personnages sont-ils vivant ? Je veux dire, y a-t-il certains de vos personnages qui deviennent autre chose que ce que vous aviez imaginé au fil du récit ?

Brent Weeks : Oui, oui ; certain de mes personnages m’ont vraiment surpris, il y avait quelque chose d’autre avec eux, comme un mystère : "Pourquoi ce personnage fait-il ça ?" ; et au fur et à mesure que j’écrivais je l’ai découverte avec eux. Donc Mamma K m’a surprit, Dorian m’a surprit un peu et évidement Durzo.


À Fleur de Fantasy : Est-ce que vous vivez l’aventure avec vos personnages ?

Brent Weeks : Absolument, je pense que lorsque j’écris… Disons que je sais dans quelle direction va l’histoire, donc d’une certaine façon je ne vis pas exactement l’histoire, mais comment va-t-on y arriver me surprend souvent. D’une certaine façon s’ils sont là, c’est logique qu’avec les gens avec qui ils sont, ils fassent ceci ; mais moi je veux qu’ils fassent cela ; donc comment puis-je faire en sorte que ça , ce que j’avais prévu au début, soit toujours valable à la fin ? Donc vu comme ça, oui, je vis sûrement l’aventure avec eux.

S’ils se battent et se font bousculer, je les fait tomber de l’escalier et là je me dit "Ohoh, il s’est cassé la jambe, comment va-t-il s’en sortir maintenant ?". Donc oui, absolument.


À Fleur de Fantasy : Êtes-vous déjà tombé amoureux d’un personnage dans un livre ? (NDLR : Il se trouve que sa femme était assise à la table adjacente)

Leslie Palant : Attention !

Brent Weeks : [hésitation] Je pense que oui… J’ai pris un personnage et – je peux spoiler ? [là on vous gâche la lecture du deuxième tome] J’en étais à la fin du second livre et j’avais Logan. Il est allé en prison, il a connu l’enfer… Et mon plan était qu’à la fin du livre il se mariait avec Terah Graesin. C’était mon plan pendant un an et demi, et arrivé au moment fatidique je ne pouvait pas lui faire ça ! J’étais dans un état pas possible, je me disais " Logan en a déjà trop subi, se serait trop horrible de le faire épouser la mauvaise femme." et donc, parce que j’éprouvais des sentiments pour Logan, parce qu’il était réel pour moi, et c’était tout simplement injuste de lui faire faire une erreur colossale comme ça ; j’ai fait les cent pas durant deux jours chez moi me disant "Mais que faire, que faire?" et… et s’était en désaccord total avec le premier livre puisque le mariage était mon plan durant un an et demi ; donc durant deux jours je suis devenu fou de me poser des questions ; et j’ai finalement trouvé une solution. Donc si je tombe amoureux de mes personnages ? Oui, et par moments ça me cause des problèmes parce que j’ai besoin qu’ils aillent à un endroit mais les aime trop pour pouvoir leur faire subir ça ; mais parfois je les aime beaucoup et les tue tout de même.

Leslie : Et ils reviennent a la vie.

Brent Weeks : [rires] Pas de spoilers !!![et là c’est fini]


À Fleur de Fantasy : La saga de l’Ange de la nuit se passe dans un monde très "sale" et l’histoire des différents personnages est très dure ; pourquoi ?

Brent Weeks : Honnêtement, je pense qu’une grande partie de la nouvelle vague des auteurs de Fantasy – moi y compris – tienne beaucoup de George R.R.Martin. George Martin écris un monde médiéval qui est tel que le monde médiéval était réellement. C’est sale, il n’y a pas de soins sanitaires, la médecine n’y est pas compétente ; si une personne se casse une dent ou quelque chose du genre, il va avoir des douleurs dentaire pour le restant de leurs jours, ça va s’infecter et il va mourir. C’est un monde cruel ; mais c’est plus comme ce fut dans le monde réel que dans celui de Robert Jordan. Celui-ci est propre et joyeux, il y a des méchants mais… George Martin écrit un univers où on se dit "Oh mon dieu, c’est vraiment un endroit terrible où vivre, et je suis content d’être là où je suis maintenant."

Donc je voulais prendre un peu de cet assaisonnement et voir ce que ça allait donner…Et ça a donné une immédiateté au récit : des choses horribles se produisent, et on ne sait pas qui sera le prochain à mourir.


À Fleur de Fantasy : Si vous aviez a être un personnage dans votre livre, qui seriez vous?

Brent Weeks : Oh, je ne voudrait surtout pas être un personnage de mes livres parce qu’ils ont à vivre trop de choses horribles, je préfère ma certainement beaucoup plus ennuyeuse vie ; parce que l’esprit de la fiction est le conflit, et donc c’est drôle de lire des livre parce que les gens souffrent, et tu ressens la souffrance sans souffrir toi même, donc tu sens que tu grandis avec le personnage sans avoir à perdre un bras ou quelque chose dans le genre… Donc je fais vivre à mes personnages un enfer, mais j’ai pas besoin de le vivre moi même.


À Fleur de Fantasy : Que pensez vous des couvertures françaises de vos livres?

Brent Weeks : J’en suis extrêmement heureux, je les trouve magnifiques. J’ai eu beaucoup de retours de fan américains, australiens ou britanniques qui me disaient qu’ils souhaitent vraiment avoir ces couvertures disponibles dans le marché anglophone. Et je suis en fait en train de voir avec mon éditrice américaine pour faire une édition spéciale ou un truc dans le genre, et elle m’a dit "peut être un jour". Donc oui, elles sont très jolies, je trouve que Frédéric Perrin est un génie et qu’il y aura beaucoup de travaux de lui remarquables dans le futur.


À Fleur de Fantasy : Que pouvez-vous me dire a propos de votre prochain livre ?

Brent Weeks : Oh, The Black Prism se passe dans un univers méditerranées alternatif – et non pas du nord de l’Europe occidentale comme on peut le voir souvent – donc c’est un univers méditerranées aux alentours de l’an 1600, donc il y beaucoup de magie, des armes à feu rudimentaires et des épées. Il y a aussi beaucoup d’action, beaucoup de personnages profonds et intrigants qui vous surprendront et… Pour ne pas dévoiler toute l’histoire, ce qui suit est un spoiler, donc si vous ne voulez pas lire de spoilers ne lisez pas se qui suit: [là on vous dévoile une petite – mais ô combient intéressante – partie de l’intrigue] j’ai pris un personnage qui était vraiment très puissant, et au fil de la trilogie il perd ses pouvoirs, dans la plupart des trilogies que vous pouvez lire, le personnage principal a de plus en plus de pouvoirs jusqu’à ce qu’il tue un dieu ou quelque chose comme ça à la fin. Et là, il devient de moins en moins puissant, donc il doit utiliser de plus en plus son cerveau alors que les choses se corsent. Donc c’est plus compliqué à écrire, mais je prend beaucoup de plaisir à voir comment il se développe à travers le temps et comment il gère des situations qui était au départ simples pour lui.[et là on a fini]


À Fleur de Fantasy : Donc juste le premier mot qui vous passe à l’esprit : un auteur français.

Brent Weeks : Pierre Pevel. Je viens juste de commencer un de ses livres, The Cardinal’s Blades, je ne connais pas la traduction française (NDLR : Les lames du Cardinal) mais je l’apprécie grandement.


À Fleur de Fantasy : Un peintre français.

Brent Weeks : Frédéric Perrin, je suppose.


À Fleur de Fantasy : Un film français.

Brent Weeks : Oh mon dieu, je ne réussi pas à penser à un quelconques films français, j’arrive juste à penser à des films hollywoodiens qui se passent en France comme "French Kiss" ou des truc dans le genre… Je suis un peu embarrassé : je n’ai pas grande connaissance du cinéma français.


À Fleur de Fantasy : Il n’y a pas de mal… Vous ne parlez pas français, n’est-ce pas ?

Brent Weeks : Je parle français qu’un tout petit peu, « Je parle juste un peu » (NDLR : en Français durant l’interview).

À Fleur de Fantasy : Quel est votre mot français favoris ?

Brent Weeks : [rires] « Une feuille de papier » (NDLR : avec un très charmant accent anglo-saxon).


À Fleur de Fantasy : Et bien, je crois que c’est tout, merci beaucoup.

Brent Weeks : D’accord, merci ; c’était bien sympa.


En résumé, Brent est un mecvachement cool (pour parler comme les jeunes d’aujourd’hui).


  Et comme toute interview doit apporterson lot de nouveautés (surtout quand elles ont autant de retard quecelle-ci) sachez que The Black Prism est sorti en langue anglaise le25 Aout 2010 pour se classer 23ème de la liste des meilleures ventesselon le New York Times. Ce roman sera publié chez Bragelonne en find’année.

  De plus, la trilogie de l’Ange de lanuit se refera une beauté en version poche à partir du 20 mai avecles couvertures originales (américaines, donc) chez le label Milady,mais ça ils en parlent mieux sur leur blog.


  Et si vous avez lu l’interview sansmême savoir de quoi parlent les livres, on en met le pitch (parceque nous aussi on l’aime bien) :

"Le tueur parfait n’a pas d’amis, il n’a que des cibles.
Pour Durzo Blint, l’assassinat est un art et il est l’artiste le plus accompli de la cité, grâce à des talents secrets hérités de la nuit des temps. Pour Azoth, survivre est une lutte de tous les instants. Le petit rat de la guilde a appris à juger les gens d’un seul coup d’œil et à prendre des risques – comme proposer à Durzo Blint de devenir son apprenti. Mais pour être accepté, il doit commencer par abandonner son ancienne vie, changer d’identité, aborder un monde d’intrigues politiques, d’effroyables dangers et de magies étranges, et sacrifier ce qui lui est le plus précieux…"

  Etpour se qui est de son actualité anglophone, PerfectShadow,sa novella (entre le roman et la nouvelle) se déroulant dansl’univers de l’Ange de la nuit et ayant pour sujet Durzo Blintsortira en e-book et livre audio (en anglais, bien évidement) enJuin prochain ; et ça, c’est chez Orbit qu’ils le disent.

  Sinon,Brent ayant était influencé par l’œuvre de G.R.R. Martin, ilserait bête de se priver d’un petit billet sur Game of Thrones, lanouvelle série d’HBO adaptée de sa série de roman Le Trône de fer(et dont tout lemonde parle déjà beaucoup)…Et on parlera peut être un peu de Camelot aussi…

  Donc,du nouveau ici même d’ici deux semaines ! …sans compter leretard.

Et sinon, comme toujours, Twitter et Facebook

 À bientôt, et merci encore à Leslie Palant et Brent Weeks.

 

Mise à Jour [20/04/11]

mercredi, avril 20th, 2011

Mouahaha !

Un tel blog, une telle inactivité et une telle affluenced’internautes ; voilà qui a de quoi faire pouffer le plusaigri. Il vaut mieux en rire qu’en pleurer comme dirait l’autre… Etbien c’est exactement le cas ici, puisque pleurer pour ça n’envaudrait franchement pas la peine.

Nous voici donc, en ce 20 avril 2011, plus d’un an après lacréation du blog ( nous même n’y avions pas fait attention) ettoujours rien de concret. On pourrait mettre ça sur le dos desdésillusions du marché actuel, mais ça fait pompeux, et en plus iln’en n’est rien !Ce qu’il y a, c’est que la charmante personnequi a eu l’idée d’À Fleur de Fantasy (moi Laughing) a dû revoir sespriorités pour une certaine période, et que tous ceux rattachés auprojet ont étés à cours de temps ( et un peu paresseux aussi ).Donc au final, nous avons des idées, nous les faisons mûrirtranquillement dans notre esprit, parfois nous les mettons encommun… Et c’est tout, le pauvre Clairobscure se retrouve seul àrêver en courant après le temps.

Notre manque de temps nous empêchant donc de rédiger un magazinede façon régulière, il serait tout de même bête d’en arrêter leprojet et de garder nos interviews avec nous. Donc, en attendant quenous retrouvions assez de temps pour s’occuper de tout ce petitbazar, en attendant de trouver assez de courage pour s’atteler à unprojet encore plus ambitieux dont nous vous laissons la surprise, ceblog redeviendra un blog et non pas le témoin silencieux d’une paresse maladive etd’un manque de temps fort peu enviable. Ce blog, donc, redeviendra unblog et verra la publication de petits billets parlants del’actualité de la fantasy… et de sa non-actualité aussi. Il seradonc question de livres récents et moins récents, de séries TVbonnes et mauvaises et de films nous emportant au confins de notreimagination de façon plus ou moins réussie. Mais il y aura aussiles deux interviews faites l’an dernier ; et c’est d’ailleurs unfort sympathique romancier américain qui aura droit à la paroled’ici la fin de la semaine, et bien que l’interview date de mars 2010(oui, déjà), elle est fort heureusement toujours d’actualité, etma foi, bien intéressante.p { margin-bottom: 0.21cm; }


Sur ce, bonne journée à tous, et a bientôt pour la diteinterview d’un fan d’assassins…

 

P.S. Nous avons une page Facebook et un (super) compte Twitter.