Entrevue avec Brent Weeks

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  C’était il y a maintenant plus d’unan, au salon du livre 2010 le stand Bragelonne attirait les foules etun nombre incalculable de fan de bit-lit attendaient patiemment unesignature de Laurell K. Hamilton. Et alors que les vendeuses étaientdébordées, alors que la queue faisait le tour du stand, un étageplus haut, Brent Weeks donnait une interview, et cette interview, lavoici.

  Le stress se faisait, soyons honnête,un peu sentir ; et même si le court moment où il me dédicaçâtses trois livres parus en France – tout en rigolant avecRichard Morgan – laissait présager une très bonne interview,j’appréhendais quelques peu ce tête-à-tête. Et c’est donc autourd’une petite table dans le coin "privé" du stand, encompagnie de Leslie Palant (attachée de presse chez Bragelonne quel’on remercie encore pour l’interview) et du sieur Weeks que toutcommença. L’atmosphère était, ma fois, assez décontractée, etl’homme étant fort sympathique, nous avons du supprimer nombred’indications [rires] pour le confort visuel de cetteretranscription. De plus, certains passages peuvent vous révélerdes éléments de l’histoire, ils ont donc pour la présente, étéécrit en blanc et les surligner à l’aide du pointeur de votresouris vous permettra de les faire apparaître.

  Au programme, donc, des questionsinintéressantes pour connaître un peu mieux le personnage, desquestions sur ses influences, sa façon d’écrire et son récit engénéral et pour finir des questions vis-à-vis des couverturesfrançaises et des infos sur son prochain livre. Sans oublier, bienévidement, des questions bonus sur la France…
 

 

À Fleur de Fantasy : Si vous étiez une fleur, quelle fleur seriez-vous ?

Brent Weeks : [rires] Si j’étais une fleur ?!

Leslie Palant : Oh oh, ça c’est une question.

Brent Weeks : [rires] Alors là…

Leslie Palant : Sûrement une fleur rouge…

Brent Weeks: D’un rose très pale

Leslie Palant : Une rose peut être ?

Brent Weeks : Sûrement une tulipe, je pense.


À Fleur de Fantasy : Une couleur ?

Brent Weeks : Rouge, définitivement ! Définitivement rouge !

À Fleur de Fantasy : Une saison ?

Brent Weeks : L’automne


À Fleur de Fantasy : Un animal ?

Brent Weeks : Un ours.

Leslie Palant : Un grizzly ?

Brent Weeks : [rires] Un grizzly, un très gros et effrayant grizzly.


À Fleur de Fantasy : Un mot?

Brent Weeks : Oh mon dieu, c’est la plus originale interview que j’ai jamais donnée ! [rires puis hésitation] Antédiluvien.

Leslie Palant : Si vieux ?

Brent Weeks : [rires] Non, enfin je veux dire oui… Tu sais ce que ça veux dire?

Leslie Palant : Oui

Brent Weeks : Oh, je suis déçu…


À Fleur de Fantasy : Un film ?

Brent Weeks : Reservoire Dogs, un peu lent mais vachement glauque.


À Fleur de Fantasy : Un livre ?

Brent Weeks : [rires] Diantre, j’ai déjà répondu à cette question par trois ouvrages !


À Fleur de Fantasy : Un personnage de film ou de roman ?

Brent Weeks : Je pense… Heu, j’aimerais bien être Wolverine.


À Fleur de Fantasy : Pourquoi écrivez-vous ?

Brent Weeks: Je pense que j’écris parce que je ne peux rien faire d’autre, non pas que je ne suis pas capable de faire quelque chose d’autre mais je n’aime rien d’autre. Je peux faire d’autre choses mais une petite part de moi mourrait si je n’écrivais pas.


À Fleur de Fantasy : Quels sont vos écrivains préférés ?

Brent Weeks : J’aime – bien sûr – Tolkien, j’admire beaucoup Orson Scott Card – j’aime peu de ses livres, mais j’admire beaucoup sa technique – , Robert Jordan… Et j’apprécie aussi beaucoup certains des nouveaux auteurs tel que Pat Rothfuss, Joe Abercrombie, Scott Lynch…


À Fleur de Fantasy : Pourquoi avez-vous choisis la Fantasy ?

Brent Weeks : Parce que j’ai décidé d’écrire ce que j’aime. J’ai déjà écris dans d’autres genres dans le passé… mais j’aime la Fantasy, donc j’écris de la Fantasy.


À Fleur de Fantasy : Et pensez-vous écrire autre chose un jour ?

Brent Weeks : Je vais certainement le faire, j’ai des idées d’autres livre qui ne sont pas de la Fantasy, mais je n’ai pas encore tous les éléments pour les écrire convenablement. Donc peut être un jour… Mais principalement de la Fantasy tout de même.


À Fleur de Fantasy : Que pense votre famille de vos livres ?

Brent Weeks : La plupart des membres de ma famille aiment vraiment mes livres, ma mère est un peu anxieuse à leur sujet, mais je savais que ça arriverait. Ma belle famille est aussi un peu tendue par moment vis-à-vis de mon ouvrage, mais ils l’apprécient une grande majorité du temps. [rires]


À Fleur de Fantasy : Comment l’idée de la trilogie de l’Ange de la nuit est-elle venue a vous ?

Brent Weeks : Je pense que… En fait je ne "sentais" pas les livres d’assassins quand je les lisais, et j’adore les histoires d’assassins. Je trouvais qu’aucune d’entre elles n’avaient de personnages réalistes en tant qu’assassins, de personnages humains. Il n’y avait que des assassins qui tuaient des gens sans être affectés, ça n’avait pas d’impact sur leur âme. Et je ne pensais pas que se soit vrai dans le vie.

J’adore l’action, la violence, la peur, et je pensais que je pouvais aller quelque part où je n’avais jamais vu aucun auteur aller avec leurs personnages d’assassins. Donc oui, je pense que tout a commencé comme ça…


À Fleur de Fantasy : Comment écrivez vous, suivez-vous un plan ou laissez-vous l’histoire filer?

Brent Weeks : Heu, je fais un genre de mixe : la plupart des auteurs ont déjà un plan ou alors sont très organiques et laissent couler le récit. Je me voit plus comme un jardinier je suppose : je sais ce que je vais planter et où ça va aller ; mais ça grandit en même temps que j’écris. Donc je planifie un minimum, et de temps en temps une idée vient à moi et je me dit qu’elle est meilleure que l’idée originale et donc je vais avec celle là… et puis je fait marche arrière et fixe le tout et c’est fait.


À Fleur de Fantasy : Vos personnages sont-ils vivant ? Je veux dire, y a-t-il certains de vos personnages qui deviennent autre chose que ce que vous aviez imaginé au fil du récit ?

Brent Weeks : Oui, oui ; certain de mes personnages m’ont vraiment surpris, il y avait quelque chose d’autre avec eux, comme un mystère : "Pourquoi ce personnage fait-il ça ?" ; et au fur et à mesure que j’écrivais je l’ai découverte avec eux. Donc Mamma K m’a surprit, Dorian m’a surprit un peu et évidement Durzo.


À Fleur de Fantasy : Est-ce que vous vivez l’aventure avec vos personnages ?

Brent Weeks : Absolument, je pense que lorsque j’écris… Disons que je sais dans quelle direction va l’histoire, donc d’une certaine façon je ne vis pas exactement l’histoire, mais comment va-t-on y arriver me surprend souvent. D’une certaine façon s’ils sont là, c’est logique qu’avec les gens avec qui ils sont, ils fassent ceci ; mais moi je veux qu’ils fassent cela ; donc comment puis-je faire en sorte que ça , ce que j’avais prévu au début, soit toujours valable à la fin ? Donc vu comme ça, oui, je vis sûrement l’aventure avec eux.

S’ils se battent et se font bousculer, je les fait tomber de l’escalier et là je me dit "Ohoh, il s’est cassé la jambe, comment va-t-il s’en sortir maintenant ?". Donc oui, absolument.


À Fleur de Fantasy : Êtes-vous déjà tombé amoureux d’un personnage dans un livre ? (NDLR : Il se trouve que sa femme était assise à la table adjacente)

Leslie Palant : Attention !

Brent Weeks : [hésitation] Je pense que oui… J’ai pris un personnage et – je peux spoiler ? [là on vous gâche la lecture du deuxième tome] J’en étais à la fin du second livre et j’avais Logan. Il est allé en prison, il a connu l’enfer… Et mon plan était qu’à la fin du livre il se mariait avec Terah Graesin. C’était mon plan pendant un an et demi, et arrivé au moment fatidique je ne pouvait pas lui faire ça ! J’étais dans un état pas possible, je me disais " Logan en a déjà trop subi, se serait trop horrible de le faire épouser la mauvaise femme." et donc, parce que j’éprouvais des sentiments pour Logan, parce qu’il était réel pour moi, et c’était tout simplement injuste de lui faire faire une erreur colossale comme ça ; j’ai fait les cent pas durant deux jours chez moi me disant "Mais que faire, que faire?" et… et s’était en désaccord total avec le premier livre puisque le mariage était mon plan durant un an et demi ; donc durant deux jours je suis devenu fou de me poser des questions ; et j’ai finalement trouvé une solution. Donc si je tombe amoureux de mes personnages ? Oui, et par moments ça me cause des problèmes parce que j’ai besoin qu’ils aillent à un endroit mais les aime trop pour pouvoir leur faire subir ça ; mais parfois je les aime beaucoup et les tue tout de même.

Leslie : Et ils reviennent a la vie.

Brent Weeks : [rires] Pas de spoilers !!![et là c’est fini]


À Fleur de Fantasy : La saga de l’Ange de la nuit se passe dans un monde très "sale" et l’histoire des différents personnages est très dure ; pourquoi ?

Brent Weeks : Honnêtement, je pense qu’une grande partie de la nouvelle vague des auteurs de Fantasy – moi y compris – tienne beaucoup de George R.R.Martin. George Martin écris un monde médiéval qui est tel que le monde médiéval était réellement. C’est sale, il n’y a pas de soins sanitaires, la médecine n’y est pas compétente ; si une personne se casse une dent ou quelque chose du genre, il va avoir des douleurs dentaire pour le restant de leurs jours, ça va s’infecter et il va mourir. C’est un monde cruel ; mais c’est plus comme ce fut dans le monde réel que dans celui de Robert Jordan. Celui-ci est propre et joyeux, il y a des méchants mais… George Martin écrit un univers où on se dit "Oh mon dieu, c’est vraiment un endroit terrible où vivre, et je suis content d’être là où je suis maintenant."

Donc je voulais prendre un peu de cet assaisonnement et voir ce que ça allait donner…Et ça a donné une immédiateté au récit : des choses horribles se produisent, et on ne sait pas qui sera le prochain à mourir.


À Fleur de Fantasy : Si vous aviez a être un personnage dans votre livre, qui seriez vous?

Brent Weeks : Oh, je ne voudrait surtout pas être un personnage de mes livres parce qu’ils ont à vivre trop de choses horribles, je préfère ma certainement beaucoup plus ennuyeuse vie ; parce que l’esprit de la fiction est le conflit, et donc c’est drôle de lire des livre parce que les gens souffrent, et tu ressens la souffrance sans souffrir toi même, donc tu sens que tu grandis avec le personnage sans avoir à perdre un bras ou quelque chose dans le genre… Donc je fais vivre à mes personnages un enfer, mais j’ai pas besoin de le vivre moi même.


À Fleur de Fantasy : Que pensez vous des couvertures françaises de vos livres?

Brent Weeks : J’en suis extrêmement heureux, je les trouve magnifiques. J’ai eu beaucoup de retours de fan américains, australiens ou britanniques qui me disaient qu’ils souhaitent vraiment avoir ces couvertures disponibles dans le marché anglophone. Et je suis en fait en train de voir avec mon éditrice américaine pour faire une édition spéciale ou un truc dans le genre, et elle m’a dit "peut être un jour". Donc oui, elles sont très jolies, je trouve que Frédéric Perrin est un génie et qu’il y aura beaucoup de travaux de lui remarquables dans le futur.


À Fleur de Fantasy : Que pouvez-vous me dire a propos de votre prochain livre ?

Brent Weeks : Oh, The Black Prism se passe dans un univers méditerranées alternatif – et non pas du nord de l’Europe occidentale comme on peut le voir souvent – donc c’est un univers méditerranées aux alentours de l’an 1600, donc il y beaucoup de magie, des armes à feu rudimentaires et des épées. Il y a aussi beaucoup d’action, beaucoup de personnages profonds et intrigants qui vous surprendront et… Pour ne pas dévoiler toute l’histoire, ce qui suit est un spoiler, donc si vous ne voulez pas lire de spoilers ne lisez pas se qui suit: [là on vous dévoile une petite – mais ô combient intéressante – partie de l’intrigue] j’ai pris un personnage qui était vraiment très puissant, et au fil de la trilogie il perd ses pouvoirs, dans la plupart des trilogies que vous pouvez lire, le personnage principal a de plus en plus de pouvoirs jusqu’à ce qu’il tue un dieu ou quelque chose comme ça à la fin. Et là, il devient de moins en moins puissant, donc il doit utiliser de plus en plus son cerveau alors que les choses se corsent. Donc c’est plus compliqué à écrire, mais je prend beaucoup de plaisir à voir comment il se développe à travers le temps et comment il gère des situations qui était au départ simples pour lui.[et là on a fini]


À Fleur de Fantasy : Donc juste le premier mot qui vous passe à l’esprit : un auteur français.

Brent Weeks : Pierre Pevel. Je viens juste de commencer un de ses livres, The Cardinal’s Blades, je ne connais pas la traduction française (NDLR : Les lames du Cardinal) mais je l’apprécie grandement.


À Fleur de Fantasy : Un peintre français.

Brent Weeks : Frédéric Perrin, je suppose.


À Fleur de Fantasy : Un film français.

Brent Weeks : Oh mon dieu, je ne réussi pas à penser à un quelconques films français, j’arrive juste à penser à des films hollywoodiens qui se passent en France comme "French Kiss" ou des truc dans le genre… Je suis un peu embarrassé : je n’ai pas grande connaissance du cinéma français.


À Fleur de Fantasy : Il n’y a pas de mal… Vous ne parlez pas français, n’est-ce pas ?

Brent Weeks : Je parle français qu’un tout petit peu, « Je parle juste un peu » (NDLR : en Français durant l’interview).

À Fleur de Fantasy : Quel est votre mot français favoris ?

Brent Weeks : [rires] « Une feuille de papier » (NDLR : avec un très charmant accent anglo-saxon).


À Fleur de Fantasy : Et bien, je crois que c’est tout, merci beaucoup.

Brent Weeks : D’accord, merci ; c’était bien sympa.


En résumé, Brent est un mecvachement cool (pour parler comme les jeunes d’aujourd’hui).


  Et comme toute interview doit apporterson lot de nouveautés (surtout quand elles ont autant de retard quecelle-ci) sachez que The Black Prism est sorti en langue anglaise le25 Aout 2010 pour se classer 23ème de la liste des meilleures ventesselon le New York Times. Ce roman sera publié chez Bragelonne en find’année.

  De plus, la trilogie de l’Ange de lanuit se refera une beauté en version poche à partir du 20 mai avecles couvertures originales (américaines, donc) chez le label Milady,mais ça ils en parlent mieux sur leur blog.


  Et si vous avez lu l’interview sansmême savoir de quoi parlent les livres, on en met le pitch (parceque nous aussi on l’aime bien) :

"Le tueur parfait n’a pas d’amis, il n’a que des cibles.
Pour Durzo Blint, l’assassinat est un art et il est l’artiste le plus accompli de la cité, grâce à des talents secrets hérités de la nuit des temps. Pour Azoth, survivre est une lutte de tous les instants. Le petit rat de la guilde a appris à juger les gens d’un seul coup d’œil et à prendre des risques – comme proposer à Durzo Blint de devenir son apprenti. Mais pour être accepté, il doit commencer par abandonner son ancienne vie, changer d’identité, aborder un monde d’intrigues politiques, d’effroyables dangers et de magies étranges, et sacrifier ce qui lui est le plus précieux…"

  Etpour se qui est de son actualité anglophone, PerfectShadow,sa novella (entre le roman et la nouvelle) se déroulant dansl’univers de l’Ange de la nuit et ayant pour sujet Durzo Blintsortira en e-book et livre audio (en anglais, bien évidement) enJuin prochain ; et ça, c’est chez Orbit qu’ils le disent.

  Sinon,Brent ayant était influencé par l’œuvre de G.R.R. Martin, ilserait bête de se priver d’un petit billet sur Game of Thrones, lanouvelle série d’HBO adaptée de sa série de roman Le Trône de fer(et dont tout lemonde parle déjà beaucoup)…Et on parlera peut être un peu de Camelot aussi…

  Donc,du nouveau ici même d’ici deux semaines ! …sans compter leretard.

Et sinon, comme toujours, Twitter et Facebook

 À bientôt, et merci encore à Leslie Palant et Brent Weeks.

 

One Response to “Entrevue avec Brent Weeks”

  1. Manon R. dit :

    J’ai lu, mais je sais pas pourquoi, parce que je ne sais pas du tout de quoi ça parle. En tout cas, j’ai ris. Et ça m’a aussi donné envi de jeter un Å“il au bouquin. Je verrai ce que je peux faire pour ça !
    Bises

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