Du Trône de Fer à A Game Of Thrones (en passant par Camelot)

Le Trône de Fer, ah, le Trône deFer… Il y a certaines séries comme ça face auxquelles on se senttout petit, tellement petit que l’on ne sait comment se lancer dansle sujet.

Commencer directement par la série TVou introduire les livres en premier ? Allons-y pour les livres.

Affiche promotionelle Winter Is ComingLe Trône de Fer (A Song Of Ice An Fireen english) est une claque littéraire, un petit chef d’œuvre defantasy ; bref, une saga telle que l’on voudrait en lire plussouvent. Écrite par George R.R.Martin, l’histoire se passe dans unmonde sombre, brutal et sans pitié… en un mot, réaliste. Inspiréde grands canons de la fantasy, Martin développe toutefois ununivers atypique loin des clichés du genre : la magie y ait presqueabsente, la "violence" du monde omniprésente et il n’y apas de héros. Non, pas de héros, nous suivons successivementplusieurs personnages aux intérêts bien souvent opposés et nousattachons à eux pour ce qu’ils sont : des humains ; humains avecleurs propres valeurs, humains avec une certaine ambition, maissurtout humains qui tentent de survivre, humains qui tentent de s’ensortir avec ce qu’ils ont dans un monde sans plus de pitié qu’auxmoments sombres du Moyen-Âge européen.

Et l’alchimie prend, bigrement bienmême. Dans ce monde ou les saisons peuvent durer une décennie, surce continent de Westeros et dans ce royaume des Sept Couronnes, nous suivons la folied’hommes avides de pouvoir et la détresse de ceux poussés par ledevoir. Dans ce royaume des Sept Couronnes nous suivons la cruellelute pour le trône de fer et comme le dit la phrase maintenantcélèbre : "Lorsqu’on s’amuse au jeu des trônes, il fautvaincre ou périr". Et dés lors, les grandes maisons du royaumes’affrontent sans pitiés pour sauver leurs intérêts.

Soyons francs, la série bénéficied’un succès fou… et de nombreux produits dérivés tels qu’unjeu de rôle, un jeu de cartes ou encore un jeu de plateau ; etdepuis près de trois semaines maintenant, une série TV.

L’annonce ayant été faite l’andernier, nous ne nierons pas qu’elle a été prise avec joie, certes,mais une joie teinté d’appréhension ; car de tels livres se devaientd’avoir une bonne adaptation. Bon point cependant, bien quel’adaptation soit au format série TV – qui a tout de suite moins deprestige qu’une adaptation sur grand écran – elle est produite parl’auteur lui même ce qui assure une certaine fidélité aux romans ;et un épisode de la saison se trouve même être scénarisé parlui. Et c’est donc au gré d’annonces, d’images et de vidéosdistillées par HBO, que Westeros c’est construit visuellement. Untournage en Irlande (non, pas en Nouvelle Zélande, mais c’est toutaussi beau), des décors sobres mais de très bonne facture et desacteurs européens (tournage en Europe oblige, et ça change desaméricains aseptisés, sur-maquillés et chirurgicalement modifiés), à noter la présence de Sean Bean, toujours aussi bon acteur etque l’on aurait préféré voir un peu plus depuis son rôle deBoromir ; bref, un univers envoûtant et bien que peu d’acteurs nesoient célèbres, ils collent parfaitement bien avec l’image quel’on pouvait se faire d’eux dans les livres (bien que certains soientun peu âgés).

A Game Of Thrones (tel est le nom de lasérie) paru donc le 17 avril dernier sur HBO (aux États-Unis donc)et un jour plus tard en Grande-Bretagne sur Sky Atlantics (ce quej’ai regardé) ; et le premier mot qui vient au vue des images est« Wahoo » ; car oui, c’est bien filmé, très bien mêmequand on compare à d’autres séries TV, les décors, sont comme ditplus haut, sobres, plutôt réalistes (on est dans la fantasy tout demême) et envoûtants ; et mieux encore, c’est bien adapté. Certes,de nombreux détails manquent, certains messages visuels présents dans le roman ne sontpas évoqués et les personnages ont un peu moins de profondeur quedans les livres ; mais il s’agit aussi de faire une série d’unedizaine d’heures accessible au grand public. Globalement, donc, lasérie est plutôt réussie, gardant le ton assez noir du roman touten y incorporant une touche d’humour ; que dis-je, la série est mêmeà même de réconcilier avec la télévision, car oui, c’est unpetit bijoux aux acteurs convaincants qui ne dénaturent pas le récitet donnent même envie de lire les livres (si ce n’était déjàfait). Et le second épisode ne fait que confirmer les espérances dupremier (en mieux même).

Certains points viennent cependantcontraster cet élogieux tableau : la profusion des personnages et la"complexité du récit" peuvent rebouter les nouveaux venus,et la chaîne HBO a d’ailleurs mit un guide en ligne pour tout expliqueren détails. De plus, il s’agit d’une série TV, et de ce faitcertains plans restent inhérents au petit écran – gros plan sur lesvisages lors des dialogues par exemple. Vient ensuite le dernierpoint, le livre n’est bien entendu pas tout public, et de ce fait, lasérie non plus ; mais comme HBO nous l’avait déjà montréavec Rome, l’explicité des rapports sexuels dans les séries ne leurfont pas peur, et là encore certaines scènes auraient sansproblèmes pu être suggérées, cela n’aurait rien enlevé au récit.Oh non, je ne suis pas puritain pour un sous, mais on dirait que çasert plus à attirer le public "geek sexuellement refoulé"qu’a apporter de la profondeur à l’histoire.

Et si l’objectif était de faire del’audimat, il semblerait que ça ait plutôt bien marché. La sériene bat certes pas de records d’audience (sauf en Grande Bretagne)mais dispose tout de même d’une marge respectable detéléspectateurs, suffisante d’ailleurs pour qu’une seconde saisonvoit le jour et dont la production débutera en Juillet prochain (letout est de savoir si leur budget sera dans la même lignée quecelui de la première).

Quant à l’auteur – qui est dans le top 100 des personnes les plus influentes de l’année selon le Times Magazine -, il a indiqué d’unefaçon assez originale il y a quelques jours qu’il avait fini larédaction du cinquième volume de sa saga (et un petit lien vers Fantasy.freuh) .

Et terminons ce billet sur A Game OfThrones en vous donnant l’adresse d’un blog (en anglais) qui combleratoutes vos attentes en termes de détails de l’adaptation du romanvers la série ; car disons le, c’est tout de même très bienrédigé.

Tant que nous y sommes, voici un petitlien vers le site de la communauté francophone du Trône de Fer(avec un wiki très détaillé), le blog français dédié àl’adaptation télévisée et le site (en anglais) de G.R.R. Martin.Notez aussi que la série sera diffusée en France – en VF sûrement (beark) – surOrange Cinéma Series d’ici la fin du monde (et sûrement avant).

 

Terminer ce billet comme ça auraitétait du meilleur effet, cependant Avril a vu naître une autresérie de fantasy , et nous nous devions d’en parler (un tout petitpeu – et c’est surtout pour se défouler). Hé oui, nous parlons deCamelot avec entre autre Eva Green (son seul avantage). Mais vu laqualité de la série, nous ne dépasserons pas la longueur d’unparagraphe.

Eva Green joue presque à merveille etle personnage de Morgane lui va bien, les paysages en plans largessont magnifiques et le générique est tout de même bien fait (celuide A Game Of Thrones est génial aussi – et change en fonction desépisodes !! )… et c’est tout ! Le scénario est mal ficelé, lamajorité des acteurs ne sont pas crédibles, ou alors le sont autantque les décors et costumes (c’est à dire pas du tout) ; mais le pire réside surtout dans lefait que le personnage d’Arthur devient très rapidement antipathique(dommage pour le héros). Cette critique paraît certes un peugratuite, mais il n’y a vraiment que peu à dire : il y a de bonnesidées, oui, mais noyées dans mes sévices d’une mauvaiseréalisation et d’un casting pathétique (fit des chevaliers virils,ceux là ont un physique à la Disney, les cheveux courts, et sontbien rasés ; bien que le pire soit le personnage d’Igerne au visagefraîchement refait par le chirurgien du coin). Bref, une série aseptisée qui ne parvient pasà accrocher l’attention et qui perd tout ce qu’elle pourrait avoirquant on la compare à celle d’HBO dont on parle juste au dessus(certes, ils ont un un budget plus conséquent, mais la longueur descheveux ne dépend pas du budget et A Game Of Thrones met en scènedes hommes, des vrais : barbus, chevelus et musclés ! )

Bref, nous vous conseillons vivementl’adaptation télévisée de la saga de Martin… Et ses livres tantque nous y sommes.

Sur ce, au revoir, et à bientôt avecune interview de John "Pen Of Chaos" Lang vieille d’unan.

 

Ce billet a été écrit en écoutantPhilharmonics d’Agnes Obél, ce qui, certes, ne vous apporte rien, maisdont nous vous en conseillons l’écoute.

 

 

 

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