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Entrevue avec John Lang

lundi, octobre 24th, 2011

Ce qui était sensé n’être qu’une introduction à l’article ayant évolué vers une déclaration d’amour, de foi et un ligne éditoriale que nous vous invitons à lire, nous allons cette fois-ci être beaucoup plus succin et seulement nous excuser du retard intolérable qu’a pris la retranscription de cette interview de John Lang.

Donc, en implorant votre pardon et celui de l’interviewé, voici ce qui découla de notre rencontre avec Pen Of Chaos le Samedi 29 Mai 2010 aux Imaginales d’Épinal. Ayant environ un an et demi d’age, certaines informations sont bien évidement datées, mais c’est peut être ça qui fait son charme…

 

John Lang + bouzoukiJohn Lang, alias « Pen Of Chaos » ou « PoC » se fit connaître en 2001 suite à la publication sur le web

des trois premiers épisodes du Donjon de Naheulbeuk, une saga mp3 (histoire audio composée de plusieurs épisodes se suivants les un les autres) hautement parodique et fortement inspirée de Jeux de Rôle et de la Fantasy en général. Faisant un véritable carton, la saga fût ensuite déclinée en BD (elles aussi très bien accueillies). À la fin de la saison 2, John Lang décida de passer à un autre format, publiant les saisons suivantes sous formes de romans parus aux éditions Octobre, et ne reprenant le format audio que pour certains bonus ainsi que des chansons qui garnissent les nombreux Cds du groupe formé par PoC et très prisé des rôlistes : le Naheulband.

Par la suite, un Jeu de Rôle disponible gratuitement sur internet et un jeu de plateau seront publiés.

Au moment de l’interview, son second roman dans l’univers de Naheulbeuk, L’Orbe de Xaraz, venait de paraître et son jeu de rôle était encore tout neuf.

Nous rencontrâmes donc PoC dans la salle où quelques heures plus tard devait avoir lieu un chaotique concert du Naheulband, et malgré les interruptions des badauds qui désiraient s’introduire dans la-dite pièce et celles des techniciens qui devaient faire des tests avec John Lang, nous arrivâmes à un enregistrement d’une vingtaine de minutes que voici retranscrit :

 

À Fleur de Fantasy : Donc on va commencer avec quelques questions qui sont totalement débiles mais…

Pen Of Chaos :  Oui normal.

À Fleur de Fantasy  : Si vous étiez une fleur, la quelle seriez vous ?

Pen Of Chaos : [hésitation] Qu’est ce que je pourrais être comme fleur? Une fleur qui se mange.

À Fleur de Fantasy : D’accord. Une fleur en chocolat?

Pen Of Chaos : Ouais voilà.

À Fleur de Fantasy : Un animal?

Pen Of Chaos : Un animal…[hésitation] un chat ; pour pouvoir me relever quand je me pète la gueule.

À Fleur de Fantasy : OK, et avoir sept vies en plus c’est sympa.

Pen Of Chaos : Ouais, voilà ; comme ça ça fait des points de destin.

À Fleur de Fantasy : Une Saison?

Pen Of Chaos : Heu, alors une saison… L’Hiver; parce que l’on a pas chaud.

À Fleur de Fantasy : Un mot?

Pen Of Chaos : Chaussette.

À Fleur de Fantasy :  Normal. Un Film?

Pen Of Chaos : « Ferris Bueller Day Off » . C’est « La Folle journée de Ferris Bueller » en français; c’est un film de 1984 super débile et vachement bien.

À Fleur de Fantasy :  Comme beaucoup de films super débiles.

Pen Of Chaos : Voilà.

À Fleur de Fantasy : Un personnage de film ou de roman?

Pen Of Chaos: [hésitation] Hum, alors pour changer… Heu…personnage de film ou de roman; alors là c’est difficile… le Ranger! [rires]

À Fleur de Fantasy : D’accord. Alors on commence avec les questions un peu plus intéressantes… Donc sortie des premiers mp3 au début du siècle qui ont plutôt bien marchés; puis vinrent les BDs dont l’utilisation du terme précédent serait un euphémisme, et plus récemment sont parus les romans et l’an dernier, le jeu de rôle. Le Donjon de Naheulbeuk et son univers s’ouvrent maintenant sur beaucoup de médias. Vous avez dit avoir mit les premiers épisodes de la saga mp3 sans trop d’ambitions, mais maintenant tout ceci semble bien marcher. Il y a donc eu un moment où les choses se sont concrétisés pour vous; avez vous dés lors songé a une telle diffusion de l’univers Fanghien, ou est-ce que vous avez pris mes choses telles qu’elles venaient sans avoir établi un plan auparavant?

Pen Of Chaos : J’ai pas établis de plan du tout ; en fait j’ai l’habitude de faire ce qui se présente – C’est fermé!! [À l’adresse de personnes désirant pénétrer dans la salle de concert] – à partir du moment où je trouves que ça a de l’intérêt. Donc effectivement; je n’avais pas prévu à l’avance d’écrire des bouquins ; mais j’écrivais des bouquins avant de faire Naheulbeuk… sauf que je ne les publiais pas. Donc au moment où l’on m’a proposé un plan sympa pour publier des bouquins, bah je me suis dis c’est une bonne occasion d’élargir l’univers fanghien justement avec des trucs plus fin, détaillés et cetera.

À Fleur de Fantasy: OK, donc le Donjon existe depuis environ 10 ans, comment voyez-vous l’affaire pour la décennie a venir? Encore une plus grande ouverture et une découverte de la terre de Fangh encore plus approfondie, ou au contraire un petit ralentissement dans le processus de création pour au final laisser les fans se créer leurs propres histoires via le jeu de rôle et pour vous permettre de passer à d’autres projets?

Pen Of Chaos : Ah, bah c’est une bonne question ; pour le moment j’ai déjà un roman qui va m’amener sur le début de la prochaine décennie puisque je vais faire la saison 5 ; ensuite c’est vrai qu’il y a déjà beaucoup d’aventuriers qui ont entrepris de vivre des quêtes en terre de Fangh avec le jeu de rôle : ça marche bien. Donc moi de mon côté je vais au moins écrire la saison 5 et après j’ai des adaptations BD à faire. Donc peut être que ça va m’amener encore sur quelques années, mais si j’ai l’occasion de faire autre chose, enfin, si je peux faire autre chose, à partir du moment où j’ai pas d’autres projets qui se pointent; bah j’hésiterais pas quoi. Notamment la suite d’un roman fantastique que j’avais écris il y a presque 10 ans. Il y a beaucoup de lecteurs qui demandent la suite; mais je n’ai pas le temps de l’écrire.

À Fleur de Fantasy : Vous êtes « à la base » musicien et auteur de Fantasy; disons que vous avez une expérience musicale multi-instrumentale et avez publié un livre de Dark Fantasy, le Donjon de Naheulbeuk vous a permit de vous exprimer musicalement et littérairement et d’avoir une certaine reconnaissance vis-à-vis du publique et de la presse dans ces deux domaines. N’y a-t-il pas une certaine frustration dans le fait de devoir rester dans les normes de la Light Fantasy et de la musique parodico-celtique teinté de métal? Une frustration dans le fait de ne pas pouvoir explorer d’autres genres plus sombres de ces deux moyens d’expression?

Pen Of Chaos : Bah non parce que bon, Le Bouclier obscur j’ai réussi à le publier et j’ai eu des lecteurs, après le problèmes c’est que je n’ai pas le temps parce qu’effectivement moi je voulais faire du métal orc en fait… J’ai plus ou moins abandonné l’idée de faire des trucs sombres puis ce qu’il y a déjà 10 000 personnes qui le font et donc je trouve plus intéressent de travailler sur ce que je fait pour le moment : c’est a dire des trucs qui peuvent être… En matière de musique par exemple, je peux faire des trucs un peu bourrin tout en restant parodique rigolo et voilà c’est un peu le concept du métal orc que j’ai pas encore fait mais que je compte bien faire un jour et puis pour l’écriture bon bah là si j’écris du fantastique terreur c’est parce qu’il n’y a pas beaucoup de français qui peuvent être publiés dans ce genre là donc moi pour l’instant je peux être publié donc si j’en ai l’occasion je le referait.

À Fleur de Fantasy : Donc par rapport au Donjon, c’est de la Light Fantasy hautement parodique; vous êtes-vous inspiré d’une œuvre en particulier – ou plutôt visez, parodiez vous un livre/jeu de rôle en particulier – ou vous « attaquez »-vous a la Fantasy en général.

Pen Of Chaos : Alors m’attaquer à la Fantasy pas vraiment parce que moi il y a un tas de trucs de fantasy qui ne m’inspirent rien du tout et j’ai pas envie de les attaquer non plus, je m’attaque plus à des choses plus concrètes comme les sectes par exemple dans La Couette de l’oubli ; le sport dans L’Orbe de Xaraz, enfin la médiatisation a outrance du sport à notre époque où l’on essai désespérément d’inculquer de la culture aux gens et que d’un autre côté des gens font tout pour que l’on en ai pas. Donc c’est plutôt le genre de sujet que j’attaquerais après sur le reste je m’inspire vraiment plus du jeu de rôle que j’ai pu faire donc ça mélange beaucoup de jeux. J’ai surtout joué à l’Œil Noir pendant les premières parties quand j’ai fait du jeu de rôle mais aussi du jeu de plateau; du jeu vidéo… donc j’ai vraiment beaucoup d’influences différentes. Et les trucs que j’aime bien en Fantasy je les ai découvert après avoir fait Naheulbeuk à l’exception de Kalon; enfin des écrits d’Asp Explorer qui étaient en ligne et qui n’ont toujours pas été publiés, hélas. Pratchett par exemple j’ai découvert depuis 5 ans et je fait Naheulbeuk depuis 10 ans, mais, bon, du coup c’est bien puisqu’on fait pas la même chose.

À Fleur de Fantasy : Créé au départ en s’inspirant de Jeux de Rôle et de livres, l’univers du Donjon de Naheulbeuk est composé pour la première saison que du donjon en question, puis avec l’arrivée de la saison 2, mais aussi des BDs, de l’encyclopédie et des Arcanes les fans peuvent découvrir la Terre de Fangh. Comment c’est-elle crée cette Terre de Fangh? Était-ce un univers que vous aviez depuis longtemps en tête ou est-ce venu avec le temps au fil des épisodes?

Pen Of Chaos : Ça c’est construit au fur et a mesure avec des trucs qu’on avait mis en place dans les épisodes; et puis a partir du moment où j’ai fait la carte – ça je l’ai faite assez rapidement quand même, après on a travaillé sur l’enregistrement de certaines zones et cetera. Bon après j’ai beaucoup travaillé dessus pour le JDR récemment puisque je fait le plan des villes et tout ça – c’est des choses dont on a pas besoin pour autre chose que du jeu de rôle puisque a priori quand on lit un roman on n’a pas pas besoin d’avoir le plan de la ville où ça se passe. Mais du coup comme ils existent je les utilise et ça permet d’avoir un support visuel en plus. Et puis au gens qui veulent faire du Jeu de rôle ça permet vraiment d’avoir la terre de Fangh comme je l’ai imaginé et comme les autres gens qui travaillent avec moi l’ont imaginés, puisque sur l’encyclopédie je ne suis pas tout seul, il y a un tas d’auteurs – de potes a moi – qui écrivent des articles. Et donc je fais mon possible pour que tout ça se tienne et qu’on puisse se rattraper à des références croisées, etc.

À Fleur de Fantasy : Donc vient ensuit un point qui cause problème à de nombreux auteurs – en herbe ou non- , le problème des personnages et de leur noms. Comment avez-vous fait pour trouver les noms des lieux et des personnages? Et aussi, pour ce qui est des membres de la compagnie des Fiers de Hache et ceux qui l’on quitté avant qu’elle ne soit nommée ainsi, pourquoi n’ont-ils pas de noms et sont désignés seulement par leur race ou classe de personnage?

Pen Of Chaos : Alors pour la dernière question c’est arrivé à peu près par hasard, mais comme ça contribue a l’originalité de Naheulbeuk je ne me suis pas décidé a leur donner des noms ; mais je ne pense pas que j’aurais du mal à leur en donner de toute façon parce que j’ai toujours réussi a trouver des noms pour le reste. Donc sur les noms je travaille vraiment au feeling en général: soit je fais des trucs avec des jeux de mots, soit je fait des trucs parce que ça sonne bien, soit j’en fait parce que c’est des noms compliqués imprononçables parce que j’aime bien aussi, ou que ça ressemble a des éternuements… enfin je n’ai pas de technique précise ce qui fait que c’est assez varié dans le dommaine ; mais les personnages ils ont pas de noms parce que c’est comme ça dans Naheulbeuk.

À Fleur de Fantasy : Chaque membre de la compagnie est caractérisé par les préjugés due à son nom – donc sa race ou classe -. Vous attendiez-vous à un tel attachement des fans pour certains personnages – le nain ou le barbare par exemple – ? Et avez-vous déjà reçu de mauvais retours suite a la mort de certains d’entre eux?

Pen Of Chaos : Ah! le voleur!

À Fleur de Fantasy : Par exemple.

Pen Of Chaos : Oui, il y a un comité de soutient pour la résurrection du voleur depuis de nombreuses années, mais on ne peut pas ajouter des personnages indéfiniment dans une aventure. Donc heu…

[Interruption des techniciens]

À Fleur de Fantasy : C’était par rapport au voleur.

Pen Of Chaos : Oui donc le voleur est mort parce qu’il s’est prit une porte – et ça arrive – et puis comme j’ai envie de travailler sur des concepts et des personnes différents… Bon il y a toujours l’équipe de base qui reste parce que déjà je pense que si il y en a j’avais l’idée de les virer je me ferait pendre, et puis effectivement il y a des gens qui s’intéressent à divers personnages ; c’est vrai que le nain il revient assez souvent… heu, la magicienne… heu, l’elfe… enfin…

À Fleur de Fantasy :  Le ranger pas trop…

Pen Of Chaos : Bah non du coup parce qu’il est un petit peu dépassé par les événements, mais si il y en a… enfin en dédicace on me le demande souvent quand même, mais c’est difficile de… enfin, c’est le nain qui revient souvent, mais il faut dire que c’est le seul que je sais dessiner, c’est pour ça.

À Fleur de Fantasy : Une préférence pour un personnage en particulier?

Pen Of Chaos :  Bah moi j’aime bien le ranger, justement parce qu’il est un petit peu polyvalent et il est souvent dépassé par les événements… ça me correspond pas mal.

À Fleur de Fantasy : Il y a déjà les Bandes Dessinées, il y a déjà les audio… Aurons-nous la chance d’avoir un jour les dessins animés Nahulbeuk ?

Pen Of Chaos : Alors c’est possible, par contre là ça va être une entreprise difficile parce que pour un dessin animé il faut un budget de fou, ce qui n’est pas le cas pour tous les autres supports. Et donc si on arrive a faire quelque chose ça veut dire qu’on aura réussi à trouver des gens intelligents dans le monde de l’audio-visuel… et ça c’est pas gagné.

À Fleur de Fantasy : Donc vous vous êtes beaucoup inspiré des deux minutes du peuple de François Pérusse.

Pen Of Chaos : Pour le format, ouais.

À Fleur de Fantasy : Et maintenant vous êtes devenu LA référence en matière de sagas MP3. Que pensez-vous de l’évolution de ce milieu et écoutez vous certaines sagas en particulier ?

Pen Of Chaos : Je n’ai pas encore eu le temps d’écouter d’autres sagas, par contre, je traîne beaucoup sur le forum de Netophonix. Je pense qu’il y a des gens qui font des trucs très bien et je trouve assez génial que ce petit monde soit né puisque il y en a beaucoup qui disent qu’ils ont fait ça parce que je l’avais fait et que sinon ils n’auraient pas eu l’idée. Donc voilà, moi j’aime bien, et puis en plus ça fait du challenge parce qu’il ne faut pas trop s’endormir sur ses lauriers. C’est d’ailleurs pour ça que je suis en train de refaire mes premiers épisodes parce que je trouve qu’ils sonnent tout moche. [rires] Et voila…

Mais j’aime bien parce qu’on commence à avoir des projets de salons où on à des stands de sagas mp3… Et puis c’est des gens très bien en général.

À Fleur de Fantasy : Une question un peu bonus : quel est le Jeux Vidéo qui vous ai le plus plu ?

Pen Of Chaos : Alors, plu, après ça dépend pour quoi ; parce que j’ai tout de même joué à Quake 1 pendant cinq ans – je pense – en multijoueurs. Ça c’est celui auquel j’ai vraiment joué le plus parce que j’ai commencé le multijoueur depuis le jour de sorti de la beta et puis j’ai fait du concours international et cartera… Sinon, c’est difficile à dire ; je pense que GTA c’est le jeu que j’ai trouvé le plus destroy et auquel je peux rejouer indéfiniment juste pour faire le con en moto, en vélo, en hélicoptère… Moi GTA, j’aime bien.

À Fleur de Fantasy : Alors dernière question : comment tuer un Golbarg ?

Pen Of Chaos : Alors, avec beaucoup d’expérience. (rires) Parce qu’il y a des gens qui pensent qu’on peut le tuer en mettant des peaux de bananan de morzac sous les pieds or il résiste à la magie et donc à la peau de bananan. Donc on peut le tuer, mais il faut s’y mettre à plusieurs… Sinon c’est une vrai plaie !

 

La couette de l'oubliL'orbe de xarazLe conseil de suak

Actuellement, 2 saisons audio sont sorties, 3 romans, environ 9 Bds, un jeu de rôle, un jeu de plateau… et plein d’autres choses encore.

Toutes les informations dont vous auriez besoin sont disponibles ici.

 

Sûr ce, je vous dit à bientôt avec peut être du Brent Weeks – encore – pour la prochaine fois (ou autre chose) ; et ne regardant jamais les stats du blog mais n’ayant pas posté depuis longtemps le niveau d’affluence ne doit pas y être au plus haut, donc n’hésitez pas à partager l’info, l’interview ou le blog.

Entrevue avec Brent Weeks

vendredi, avril 22nd, 2011

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  C’était il y a maintenant plus d’unan, au salon du livre 2010 le stand Bragelonne attirait les foules etun nombre incalculable de fan de bit-lit attendaient patiemment unesignature de Laurell K. Hamilton. Et alors que les vendeuses étaientdébordées, alors que la queue faisait le tour du stand, un étageplus haut, Brent Weeks donnait une interview, et cette interview, lavoici.

  Le stress se faisait, soyons honnête,un peu sentir ; et même si le court moment où il me dédicaçâtses trois livres parus en France – tout en rigolant avecRichard Morgan – laissait présager une très bonne interview,j’appréhendais quelques peu ce tête-à-tête. Et c’est donc autourd’une petite table dans le coin "privé" du stand, encompagnie de Leslie Palant (attachée de presse chez Bragelonne quel’on remercie encore pour l’interview) et du sieur Weeks que toutcommença. L’atmosphère était, ma fois, assez décontractée, etl’homme étant fort sympathique, nous avons du supprimer nombred’indications [rires] pour le confort visuel de cetteretranscription. De plus, certains passages peuvent vous révélerdes éléments de l’histoire, ils ont donc pour la présente, étéécrit en blanc et les surligner à l’aide du pointeur de votresouris vous permettra de les faire apparaître.

  Au programme, donc, des questionsinintéressantes pour connaître un peu mieux le personnage, desquestions sur ses influences, sa façon d’écrire et son récit engénéral et pour finir des questions vis-à-vis des couverturesfrançaises et des infos sur son prochain livre. Sans oublier, bienévidement, des questions bonus sur la France…
 

 

À Fleur de Fantasy : Si vous étiez une fleur, quelle fleur seriez-vous ?

Brent Weeks : [rires] Si j’étais une fleur ?!

Leslie Palant : Oh oh, ça c’est une question.

Brent Weeks : [rires] Alors là…

Leslie Palant : Sûrement une fleur rouge…

Brent Weeks: D’un rose très pale

Leslie Palant : Une rose peut être ?

Brent Weeks : Sûrement une tulipe, je pense.


À Fleur de Fantasy : Une couleur ?

Brent Weeks : Rouge, définitivement ! Définitivement rouge !

À Fleur de Fantasy : Une saison ?

Brent Weeks : L’automne


À Fleur de Fantasy : Un animal ?

Brent Weeks : Un ours.

Leslie Palant : Un grizzly ?

Brent Weeks : [rires] Un grizzly, un très gros et effrayant grizzly.


À Fleur de Fantasy : Un mot?

Brent Weeks : Oh mon dieu, c’est la plus originale interview que j’ai jamais donnée ! [rires puis hésitation] Antédiluvien.

Leslie Palant : Si vieux ?

Brent Weeks : [rires] Non, enfin je veux dire oui… Tu sais ce que ça veux dire?

Leslie Palant : Oui

Brent Weeks : Oh, je suis déçu…


À Fleur de Fantasy : Un film ?

Brent Weeks : Reservoire Dogs, un peu lent mais vachement glauque.


À Fleur de Fantasy : Un livre ?

Brent Weeks : [rires] Diantre, j’ai déjà répondu à cette question par trois ouvrages !


À Fleur de Fantasy : Un personnage de film ou de roman ?

Brent Weeks : Je pense… Heu, j’aimerais bien être Wolverine.


À Fleur de Fantasy : Pourquoi écrivez-vous ?

Brent Weeks: Je pense que j’écris parce que je ne peux rien faire d’autre, non pas que je ne suis pas capable de faire quelque chose d’autre mais je n’aime rien d’autre. Je peux faire d’autre choses mais une petite part de moi mourrait si je n’écrivais pas.


À Fleur de Fantasy : Quels sont vos écrivains préférés ?

Brent Weeks : J’aime – bien sûr – Tolkien, j’admire beaucoup Orson Scott Card – j’aime peu de ses livres, mais j’admire beaucoup sa technique – , Robert Jordan… Et j’apprécie aussi beaucoup certains des nouveaux auteurs tel que Pat Rothfuss, Joe Abercrombie, Scott Lynch…


À Fleur de Fantasy : Pourquoi avez-vous choisis la Fantasy ?

Brent Weeks : Parce que j’ai décidé d’écrire ce que j’aime. J’ai déjà écris dans d’autres genres dans le passé… mais j’aime la Fantasy, donc j’écris de la Fantasy.


À Fleur de Fantasy : Et pensez-vous écrire autre chose un jour ?

Brent Weeks : Je vais certainement le faire, j’ai des idées d’autres livre qui ne sont pas de la Fantasy, mais je n’ai pas encore tous les éléments pour les écrire convenablement. Donc peut être un jour… Mais principalement de la Fantasy tout de même.


À Fleur de Fantasy : Que pense votre famille de vos livres ?

Brent Weeks : La plupart des membres de ma famille aiment vraiment mes livres, ma mère est un peu anxieuse à leur sujet, mais je savais que ça arriverait. Ma belle famille est aussi un peu tendue par moment vis-à-vis de mon ouvrage, mais ils l’apprécient une grande majorité du temps. [rires]


À Fleur de Fantasy : Comment l’idée de la trilogie de l’Ange de la nuit est-elle venue a vous ?

Brent Weeks : Je pense que… En fait je ne "sentais" pas les livres d’assassins quand je les lisais, et j’adore les histoires d’assassins. Je trouvais qu’aucune d’entre elles n’avaient de personnages réalistes en tant qu’assassins, de personnages humains. Il n’y avait que des assassins qui tuaient des gens sans être affectés, ça n’avait pas d’impact sur leur âme. Et je ne pensais pas que se soit vrai dans le vie.

J’adore l’action, la violence, la peur, et je pensais que je pouvais aller quelque part où je n’avais jamais vu aucun auteur aller avec leurs personnages d’assassins. Donc oui, je pense que tout a commencé comme ça…


À Fleur de Fantasy : Comment écrivez vous, suivez-vous un plan ou laissez-vous l’histoire filer?

Brent Weeks : Heu, je fais un genre de mixe : la plupart des auteurs ont déjà un plan ou alors sont très organiques et laissent couler le récit. Je me voit plus comme un jardinier je suppose : je sais ce que je vais planter et où ça va aller ; mais ça grandit en même temps que j’écris. Donc je planifie un minimum, et de temps en temps une idée vient à moi et je me dit qu’elle est meilleure que l’idée originale et donc je vais avec celle là… et puis je fait marche arrière et fixe le tout et c’est fait.


À Fleur de Fantasy : Vos personnages sont-ils vivant ? Je veux dire, y a-t-il certains de vos personnages qui deviennent autre chose que ce que vous aviez imaginé au fil du récit ?

Brent Weeks : Oui, oui ; certain de mes personnages m’ont vraiment surpris, il y avait quelque chose d’autre avec eux, comme un mystère : "Pourquoi ce personnage fait-il ça ?" ; et au fur et à mesure que j’écrivais je l’ai découverte avec eux. Donc Mamma K m’a surprit, Dorian m’a surprit un peu et évidement Durzo.


À Fleur de Fantasy : Est-ce que vous vivez l’aventure avec vos personnages ?

Brent Weeks : Absolument, je pense que lorsque j’écris… Disons que je sais dans quelle direction va l’histoire, donc d’une certaine façon je ne vis pas exactement l’histoire, mais comment va-t-on y arriver me surprend souvent. D’une certaine façon s’ils sont là, c’est logique qu’avec les gens avec qui ils sont, ils fassent ceci ; mais moi je veux qu’ils fassent cela ; donc comment puis-je faire en sorte que ça , ce que j’avais prévu au début, soit toujours valable à la fin ? Donc vu comme ça, oui, je vis sûrement l’aventure avec eux.

S’ils se battent et se font bousculer, je les fait tomber de l’escalier et là je me dit "Ohoh, il s’est cassé la jambe, comment va-t-il s’en sortir maintenant ?". Donc oui, absolument.


À Fleur de Fantasy : Êtes-vous déjà tombé amoureux d’un personnage dans un livre ? (NDLR : Il se trouve que sa femme était assise à la table adjacente)

Leslie Palant : Attention !

Brent Weeks : [hésitation] Je pense que oui… J’ai pris un personnage et – je peux spoiler ? [là on vous gâche la lecture du deuxième tome] J’en étais à la fin du second livre et j’avais Logan. Il est allé en prison, il a connu l’enfer… Et mon plan était qu’à la fin du livre il se mariait avec Terah Graesin. C’était mon plan pendant un an et demi, et arrivé au moment fatidique je ne pouvait pas lui faire ça ! J’étais dans un état pas possible, je me disais " Logan en a déjà trop subi, se serait trop horrible de le faire épouser la mauvaise femme." et donc, parce que j’éprouvais des sentiments pour Logan, parce qu’il était réel pour moi, et c’était tout simplement injuste de lui faire faire une erreur colossale comme ça ; j’ai fait les cent pas durant deux jours chez moi me disant "Mais que faire, que faire?" et… et s’était en désaccord total avec le premier livre puisque le mariage était mon plan durant un an et demi ; donc durant deux jours je suis devenu fou de me poser des questions ; et j’ai finalement trouvé une solution. Donc si je tombe amoureux de mes personnages ? Oui, et par moments ça me cause des problèmes parce que j’ai besoin qu’ils aillent à un endroit mais les aime trop pour pouvoir leur faire subir ça ; mais parfois je les aime beaucoup et les tue tout de même.

Leslie : Et ils reviennent a la vie.

Brent Weeks : [rires] Pas de spoilers !!![et là c’est fini]


À Fleur de Fantasy : La saga de l’Ange de la nuit se passe dans un monde très "sale" et l’histoire des différents personnages est très dure ; pourquoi ?

Brent Weeks : Honnêtement, je pense qu’une grande partie de la nouvelle vague des auteurs de Fantasy – moi y compris – tienne beaucoup de George R.R.Martin. George Martin écris un monde médiéval qui est tel que le monde médiéval était réellement. C’est sale, il n’y a pas de soins sanitaires, la médecine n’y est pas compétente ; si une personne se casse une dent ou quelque chose du genre, il va avoir des douleurs dentaire pour le restant de leurs jours, ça va s’infecter et il va mourir. C’est un monde cruel ; mais c’est plus comme ce fut dans le monde réel que dans celui de Robert Jordan. Celui-ci est propre et joyeux, il y a des méchants mais… George Martin écrit un univers où on se dit "Oh mon dieu, c’est vraiment un endroit terrible où vivre, et je suis content d’être là où je suis maintenant."

Donc je voulais prendre un peu de cet assaisonnement et voir ce que ça allait donner…Et ça a donné une immédiateté au récit : des choses horribles se produisent, et on ne sait pas qui sera le prochain à mourir.


À Fleur de Fantasy : Si vous aviez a être un personnage dans votre livre, qui seriez vous?

Brent Weeks : Oh, je ne voudrait surtout pas être un personnage de mes livres parce qu’ils ont à vivre trop de choses horribles, je préfère ma certainement beaucoup plus ennuyeuse vie ; parce que l’esprit de la fiction est le conflit, et donc c’est drôle de lire des livre parce que les gens souffrent, et tu ressens la souffrance sans souffrir toi même, donc tu sens que tu grandis avec le personnage sans avoir à perdre un bras ou quelque chose dans le genre… Donc je fais vivre à mes personnages un enfer, mais j’ai pas besoin de le vivre moi même.


À Fleur de Fantasy : Que pensez vous des couvertures françaises de vos livres?

Brent Weeks : J’en suis extrêmement heureux, je les trouve magnifiques. J’ai eu beaucoup de retours de fan américains, australiens ou britanniques qui me disaient qu’ils souhaitent vraiment avoir ces couvertures disponibles dans le marché anglophone. Et je suis en fait en train de voir avec mon éditrice américaine pour faire une édition spéciale ou un truc dans le genre, et elle m’a dit "peut être un jour". Donc oui, elles sont très jolies, je trouve que Frédéric Perrin est un génie et qu’il y aura beaucoup de travaux de lui remarquables dans le futur.


À Fleur de Fantasy : Que pouvez-vous me dire a propos de votre prochain livre ?

Brent Weeks : Oh, The Black Prism se passe dans un univers méditerranées alternatif – et non pas du nord de l’Europe occidentale comme on peut le voir souvent – donc c’est un univers méditerranées aux alentours de l’an 1600, donc il y beaucoup de magie, des armes à feu rudimentaires et des épées. Il y a aussi beaucoup d’action, beaucoup de personnages profonds et intrigants qui vous surprendront et… Pour ne pas dévoiler toute l’histoire, ce qui suit est un spoiler, donc si vous ne voulez pas lire de spoilers ne lisez pas se qui suit: [là on vous dévoile une petite – mais ô combient intéressante – partie de l’intrigue] j’ai pris un personnage qui était vraiment très puissant, et au fil de la trilogie il perd ses pouvoirs, dans la plupart des trilogies que vous pouvez lire, le personnage principal a de plus en plus de pouvoirs jusqu’à ce qu’il tue un dieu ou quelque chose comme ça à la fin. Et là, il devient de moins en moins puissant, donc il doit utiliser de plus en plus son cerveau alors que les choses se corsent. Donc c’est plus compliqué à écrire, mais je prend beaucoup de plaisir à voir comment il se développe à travers le temps et comment il gère des situations qui était au départ simples pour lui.[et là on a fini]


À Fleur de Fantasy : Donc juste le premier mot qui vous passe à l’esprit : un auteur français.

Brent Weeks : Pierre Pevel. Je viens juste de commencer un de ses livres, The Cardinal’s Blades, je ne connais pas la traduction française (NDLR : Les lames du Cardinal) mais je l’apprécie grandement.


À Fleur de Fantasy : Un peintre français.

Brent Weeks : Frédéric Perrin, je suppose.


À Fleur de Fantasy : Un film français.

Brent Weeks : Oh mon dieu, je ne réussi pas à penser à un quelconques films français, j’arrive juste à penser à des films hollywoodiens qui se passent en France comme "French Kiss" ou des truc dans le genre… Je suis un peu embarrassé : je n’ai pas grande connaissance du cinéma français.


À Fleur de Fantasy : Il n’y a pas de mal… Vous ne parlez pas français, n’est-ce pas ?

Brent Weeks : Je parle français qu’un tout petit peu, « Je parle juste un peu » (NDLR : en Français durant l’interview).

À Fleur de Fantasy : Quel est votre mot français favoris ?

Brent Weeks : [rires] « Une feuille de papier » (NDLR : avec un très charmant accent anglo-saxon).


À Fleur de Fantasy : Et bien, je crois que c’est tout, merci beaucoup.

Brent Weeks : D’accord, merci ; c’était bien sympa.


En résumé, Brent est un mecvachement cool (pour parler comme les jeunes d’aujourd’hui).


  Et comme toute interview doit apporterson lot de nouveautés (surtout quand elles ont autant de retard quecelle-ci) sachez que The Black Prism est sorti en langue anglaise le25 Aout 2010 pour se classer 23ème de la liste des meilleures ventesselon le New York Times. Ce roman sera publié chez Bragelonne en find’année.

  De plus, la trilogie de l’Ange de lanuit se refera une beauté en version poche à partir du 20 mai avecles couvertures originales (américaines, donc) chez le label Milady,mais ça ils en parlent mieux sur leur blog.


  Et si vous avez lu l’interview sansmême savoir de quoi parlent les livres, on en met le pitch (parceque nous aussi on l’aime bien) :

"Le tueur parfait n’a pas d’amis, il n’a que des cibles.
Pour Durzo Blint, l’assassinat est un art et il est l’artiste le plus accompli de la cité, grâce à des talents secrets hérités de la nuit des temps. Pour Azoth, survivre est une lutte de tous les instants. Le petit rat de la guilde a appris à juger les gens d’un seul coup d’œil et à prendre des risques – comme proposer à Durzo Blint de devenir son apprenti. Mais pour être accepté, il doit commencer par abandonner son ancienne vie, changer d’identité, aborder un monde d’intrigues politiques, d’effroyables dangers et de magies étranges, et sacrifier ce qui lui est le plus précieux…"

  Etpour se qui est de son actualité anglophone, PerfectShadow,sa novella (entre le roman et la nouvelle) se déroulant dansl’univers de l’Ange de la nuit et ayant pour sujet Durzo Blintsortira en e-book et livre audio (en anglais, bien évidement) enJuin prochain ; et ça, c’est chez Orbit qu’ils le disent.

  Sinon,Brent ayant était influencé par l’œuvre de G.R.R. Martin, ilserait bête de se priver d’un petit billet sur Game of Thrones, lanouvelle série d’HBO adaptée de sa série de roman Le Trône de fer(et dont tout lemonde parle déjà beaucoup)…Et on parlera peut être un peu de Camelot aussi…

  Donc,du nouveau ici même d’ici deux semaines ! …sans compter leretard.

Et sinon, comme toujours, Twitter et Facebook

 À bientôt, et merci encore à Leslie Palant et Brent Weeks.